Sauter au contenu
Avenue de la danseCours, styles et conseils

Le moonwalk pas à pas, du premier glissé à la fluidité

Publié le - Dernière mise à jour :

Le moonwalk est un pas de danse dans lequel le pied resté à plat glisse vers l'arrière pendant que l'autre monte sur la pointe, talon levé : le corps paraît avancer alors qu'il recule. Michael Jackson a popularisé cette illusion le 25 mars 1983, sur Billie Jean, lors de l'enregistrement de Motown 25 ; les danseurs l'appelaient déjà le back slide. La technique tient à trois appuis : un transfert du poids continu, une surface lisse et une semelle plate.

Le pied à plat ne porte rien : c'est lui qui glisse

  • Le pied à plat ne porte aucun poids : c'est ce qui lui permet de glisser vers l'arrière sans effort, talon et orteils au contact du sol.
  • Une semelle lisse sur un parquet ou un lino apporte plus de stabilité et de glisse que n'importe quel exercice supplémentaire.
  • Comptez dix à quinze minutes par jour pendant quelques semaines : ce mouvement s'automatise lentement, il ne s'arrache pas en une seule séance.

Pourquoi le regard se laisse tromper

Quand vous reculez normalement, le pied se soulève, avance sous vous puis se repose plus loin. Le moonwalk supprime cette levée : le pied gauche recule en restant au sol de tout son appui, pendant que le talon droit se dresse exactement comme il le ferait pour vous propulser vers l'avant. Le regard reçoit donc deux informations contradictoires : une poussée qui annonce un pas en avant, et un déplacement qui va dans le sens inverse. L'illusion tient entièrement à ce désaccord, pas à la vitesse ni à la souplesse.

C'est aussi pour cette raison que le pas se lit mal de face et très bien de profil. Un débutant qui se filme de trois quarts arrière verra tout de suite si le talon se lève au mauvais moment. Le nom s'écrit indifféremment en un mot ou en deux, moon walk, sans que le geste change.

Du backslide au moonwalk : d'où vient le nom

Avant 1983, le pas était surtout connu des claquettistes et des mimes, sous le nom de backslide, littéralement le glissé arrière. Bill Bailey en laisse une version filmée dans les années 1950, et Jeffrey Daniel, du groupe Shalamar, l'exécute à la télévision britannique en 1982, un an avant la prestation qui allait tout changer. La famille est plus large encore : la marche contre le vent du mime Marcel Marceau repose sur le même principe, un appui qui contredit le déplacement.

Le mot moonwalk, lui, s'est imposé après 1983, par analogie avec la démarche flottante des astronautes sur la lune. Le pas est devenu si célèbre que le terme a fini par désigner, de façon abusive, n'importe quel glissé arrière, alors qu'il en existe plusieurs familles. Michael Jackson en a fait le titre de son autobiographie en 1988, ce qui a scellé l'association entre le pas et son nom. Les danseurs de rue continuent souvent de dire backslide, et vous entendrez les deux dans un cours.

Réussir le moonwalk étape par étape

Cinq gestes suffisent à décrire le cycle complet. La technique se travaille au ralenti, un appui après l'autre : essayez chacun d'eux isolément, sans musique, avant de chercher la moindre continuité.

  1. La position de départ. Debout, pieds écartés de la largeur des hanches, genoux légèrement fléchis. Le buste est droit, les épaules basses.
  2. La montée sur la pointe. Levez le talon du pied droit et posez le poids du corps dessus, orteils au sol. Le pied gauche reste entièrement à plat.
  3. Le glissé arrière. Sans rien soulever, laissez le pied gauche partir vers l'arrière. Il ne pousse pas, il coulisse. Arrêtez-le à hauteur d'un pied et demi derrière le pied droit.
  4. Le report. Reposez le talon du pied droit au sol et transférez le poids sur le pied gauche, qui devient à son tour le pied porteur.
  5. Le passage. Levez le talon gauche, et recommencez avec le pied droit qui glisse. Le cycle se répète sans temps mort.

Quelle distance parcourir à chaque glissé

La distance du glissé décide de la stabilité. En dessous de vingt centimètres, le pas ne se voit pas ; au-delà de quarante, le bassin part en arrière et le contrôle se perd. Une trentaine de centimètres, soit à peu près la longueur d'un pied et demi, est le compromis que retiennent la plupart des danseurs. Cette amplitude a un autre mérite : elle laisse le pied porteur juste derrière le centre de gravité, ce qui évite la chute vers l'arrière au moment du report.

Le retour du pied, l'étape que tout le monde bâcle

Entre deux glissés, le pied qui vient de reculer doit revenir sous le corps pour reprendre l'appui. Ce retour est le seul instant où le pied quitte le sol, et il doit être invisible : rapide, bas, sans balancement de jambe. La plupart des glissés hachés viennent de là et non du glissé lui-même. Un échauffement des chevilles et des mollets avant la séance rend ce retour nettement plus souple, car il sollicite des muscles courts que la marche n'utilise presque jamais dans cette amplitude.

Le transfert du poids, ce qui sépare un glissé d'un pas en arrière

Voici le point qui décide de tout. À chaque instant du cycle, la totalité du poids repose sur le pied dressé sur la pointe. Le pied à plat, lui, ne porte rien : il pose sa semelle sur le sol sans pression, et c'est cette absence de charge qui le laisse coulisser. Répartir le poids sur les deux appuis, même à moitié, crée une friction immédiate et transforme le glissé en un pas en arrière ordinaire.

Le test est simple à faire chez soi. Placez-vous en appui sur la pointe droite, et demandez à quelqu'un de tirer doucement votre pied gauche vers l'arrière. S'il part tout seul, le report est correct. S'il accroche, vous chargez encore le pied qui devait rester libre. Cette vérification prend une minute et corrige plus vite que dix séances passées à répéter le cycle entier.

La vitesse ne vient qu'ensuite. Un glissé lent et propre se transforme en glissé rapide en quelques jours, alors qu'un glissé rapide et sale ne se corrige plus : le corps a mémorisé la mauvaise répartition.

Chaussures, sol et chaussettes : ce que le matériel change

Ce pas dépend du frottement, donc du couple entre votre semelle et le revêtement. Beaucoup de blocages attribués à un défaut de coordination viennent en réalité d'une paire inadaptée.

  • La semelle. Lisse et plate, en cuir ou en plastique dur. Une gomme crantée de chaussure de sport accroche et rend le glissé impossible.
  • Le revêtement. Parquet, lino ou carrelage propre. Un tapis ou une moquette bloquent le pied net.
  • Les chaussettes. Sur un parquet, une simple paire de chaussettes est la solution la moins chère, et la plus facile, pour sentir le glissé dès la première séance.
  • Le mocassin. Michael Jackson portait des mocassins à semelle de cuir, avec des chaussettes blanches qui rendaient le mouvement des pieds lisible depuis le fond d'une salle.

Une réserve utile : ne cirez pas votre sol pour gagner en glisse. La surface devient dangereuse pour tout le monde, et une chute en arrière au moment du report se termine mal. Une semelle adaptée règle le problème sans toucher au revêtement.

Les erreurs qui trahissent un moonwalk raté

Cinq défauts reviennent chez presque tous les débutants, et chacun se corrige seul une fois nommé.

  • Soulever le pied qui recule. Il glisse, il ne se déplace pas en l'air. Voilà la faute de débutant la plus courante et la plus visible.
  • Avancer le pied dressé sur la pointe. Il reste sur place, ancré au sol, pendant toute la durée du glissé.
  • Chercher une grande amplitude. Au-delà de quarante centimètres, le bassin recule plus vite que le buste et l'équilibre se dérobe au moment du report.
  • Aller vite trop tôt. Le report du poids doit être automatique avant d'accélérer, sinon la friction revient.
  • Regarder ses pieds. Le regard baissé casse la ligne et rend le geste laborieux à voir.

Le buste, les bras et le regard

Le haut du corps ne participe pas au déplacement, et c'est justement ce qui frappe chez Michael Jackson : le buste reste immobile pendant que les jambes travaillent. Il faut garder les bras relâchés le long du corps, les épaules basses, la tête haute, ce qui est plus difficile qu'il n'y paraît quand les jambes demandent toute l'attention. Un balancement des bras pour accompagner le glissé attire l'attention au mauvais endroit et détruit l'effet. Le regard part droit devant, à hauteur d'horizon, ce qui suppose de connaître son geste assez bien pour ne plus avoir besoin de le surveiller.

Combien de temps pour maîtriser le geste

Dix à quinze minutes par jour valent mieux qu'une heure hebdomadaire, parce qu'il s'agit d'un apprentissage moteur : c'est la répétition rapprochée qui installe le réflexe. Le pas n'est pas difficile au sens athlétique du terme, il est contre-intuitif, et c'est ce qui rend les premières séances plus longues que prévu. Comptez quelques semaines pour un cycle propre et régulier, davantage pour l'exécuter sans y penser au milieu d'un enchaînement.

Trois outils accélèrent nettement la progression. Le miroir d'abord, pour vérifier la hauteur du talon. La caméra du téléphone ensuite, filmée de profil, qui montre ce que le miroir cache. Un tempo enfin : posez un morceau autour de 100 pulsations par minute et calez un glissé sur deux temps. La musique impose une régularité que la volonté seule n'obtient pas.

Les tutoriels vidéo en ligne dépannent pour les premiers repères, mais aucun ne voit votre répartition de poids : c'est la limite du format, quelle que soit sa qualité. Un professeur la corrige en une phrase, et c'est là que se joue l'essentiel du travail. Le conseil le plus utile à un débutant tient d'ailleurs en peu de mots : ralentissez, et arrêtez de bouger le buste. Le vocabulaire employé en cours se retrouve dans notre lexique des pas et des mouvements si un terme vous échappe.

Après le glissé arrière : les variantes

Le backslide n'est que la première porte. Les danseurs en font ensuite tourner le principe dans toutes les directions : le side walk, qui décale le corps latéralement, le circle walk, qui décrit un cercle en gardant le même report d'appui, ou encore le glissé sur place, où l'on reste au même endroit pendant que les pieds donnent l'impression de reculer. Chacune repose sur la même règle du pied libre et du pied porteur.

Ces figures appartiennent au répertoire funk et boogaloo, dont le breakdance et le new style ont hérité une partie. Elles se travaillent naturellement en cours de hip hop, où le glissé arrière sert souvent de premier exercice de dissociation avant d'aborder des enchaînements plus complets. Un pas isolé impressionne quelques secondes ; intégré à une phrase musicale, il prend une tout autre valeur.

Reste une question de vocabulaire que l'on entend souvent : le moonwalk est une danse, ou seulement un pas ? C'est un pas, emprunté au répertoire funk, que l'on insère dans une chorégraphie. Le breakdance, lui, est bien une discipline complète, avec son style, ses codes et ses figures au sol. Confondre les deux n'a rien de grave, mais cela explique pourquoi aucun cours ne s'intitule jamais cours de moonwalk.

Cinq questions que se posent tous les débutants

Comment apprendre le moonwalk facilement ? Commencez pieds nus ou en chaussettes sur un parquet, et travaillez un seul glissé à la fois, sans chercher à enchaîner. La facilité vient du matériel et du ralenti, jamais d'une astuce cachée.

Quelles sont les étapes pour réussir le moonwalk ? Cinq : position de départ, montée sur la pointe d'un pied, glissé arrière de l'autre pied resté à plat, report du poids sur ce pied, puis reprise du cycle avec l'autre jambe.

Quels conseils pour exécuter un moonwalk fluide ? Placez tout le poids sur le pied dressé sur la pointe, limitez le glissé à une trentaine de centimètres, gardez le buste immobile et ne rendez jamais le retour du pied visible.

Comment améliorer son moonwalk ? Filmez-vous de profil et comparez avec la veille, calez le cycle sur un tempo régulier, puis variez la vitesse. Le travail sur les appuis rapporte plus que la répétition à l'identique.

Quelles erreurs faut-il éviter ? Soulever le pied qui recule, déplacer le pied dressé sur la pointe, accélérer avant que le report soit acquis, balancer les bras et baisser les yeux vers ses pieds.

Le moonwalk se pratique aujourd'hui bien au-delà du cercle des professionnels, et il reste l'un des rares gestes que le grand public reconnaît instantanément. C'est une excellente porte d'entrée pour un débutant : il tient en un principe, il se travaille seul chez soi et il donne très vite le sentiment d'avoir gagné quelque chose. Une précaution tout de même, parce qu'on répète beaucoup et longtemps sur les mêmes appuis : quelques minutes d'étirements après la séance évitent les raideurs du lendemain.

Derniers articles

À découvrir également

↑