Un glossaire de danse rassemble les termes techniques du cours : les cinq positions, le plié, le battement tendu, le rond de jambe, la pirouette, l'arabesque et le grand jeté. Ce vocabulaire de ballet s'écrit en français, langue dans laquelle la danse classique s'est codifiée au XVIIe siècle.
Du plié au grand battement : le lexique par familles
- Le vocabulaire de la danse classique s'organise par familles : les mouvements de la barre du plié au grand battement, les tours, les sauts, les poses comme l'arabesque et l'attitude, et les mots d'orientation en dehors et en dedans.
- Le modern jazz, la danse contemporaine et la street dance ont chacun leurs termes propres, souvent anglais, qui ne se traduisent pas.
- Les mots que le professeur emploie pour organiser le cours (barre, milieu, diagonale, marquer, compter) forment un vocabulaire à part, rarement expliqué et pourtant indispensable dès la première séance.
Pourquoi le vocabulaire du ballet s'écrit en français
La danse classique s'est fixée à la cour de France. En 1661, Louis XIV fonde l'Académie royale de danse et confie à Pierre Beauchamp le soin de mettre de l'ordre dans une pratique jusque-là transmise de maître à élève. C'est de ce travail que sortent les cinq positions des pieds et les premiers termes écrits. Un siècle plus tard, quand la discipline gagne l'Italie, la Russie puis le reste de l'Europe, elle emporte ses mots avec elle : personne ne les traduit, parce que traduire aurait signifié rompre la chaîne de transmission. Les origines curiales du ballet expliquent donc une situation unique dans les arts vivants.
La conséquence est très concrète pour un élève francophone : il comprend déjà la moitié du vocabulaire sans le savoir. Un plié est une flexion, un relevé une montée, un tendu un étirement. La difficulté n'est pas le sens des mots mais leur emploi technique, plus étroit que dans la langue courante. Un battement n'est pas un mouvement quelconque de la jambe, c'est une famille précise d'exercices, et le mot change complètement de sens selon qu'il est tendu, jeté ou frappé.
Les cinq positions des pieds, base de tout le vocabulaire classique
Aucun terme de ballet ne se comprend sans les positions. Elles décrivent la façon dont les pieds se placent au sol, et servent de point de départ comme de point d'arrivée à presque tous les mouvements. Les cinq positions se pratiquent en dehors, c'est-à-dire jambes tournées vers l'extérieur depuis la hanche, et non depuis le genou.
- Première position
- Talons joints, pointes de pieds écartées de part et d'autre. C'est la position de référence pour juger l'ouverture réelle d'un danseur.
- Deuxième position
- Même ouverture, pieds écartés de la longueur d'un pied environ. La position seconde sert d'appui à la plupart des exercices d'aplomb.
- Troisième position
- Un talon vient se placer contre le milieu de l'autre pied. Peu employée sur scène, elle reste une étape d'apprentissage vers la cinquième.
- Quatrième position
- Pieds décalés l'un devant l'autre, écartés d'un pied. C'est la préparation habituelle des pirouettes.
- Cinquième position
- Pieds croisés, le talon de l'un contre la pointe de l'autre. La plus exigeante, et celle qui révèle immédiatement une ouverture forcée depuis le genou.
Les bras suivent un système parallèle, appelé positions de bras, dont la numérotation varie selon l'école : la méthode française, la méthode russe dite Vaganova et la méthode italienne ne comptent pas de la même façon. Un élève qui change d'école découvre donc que le même geste porte deux numéros différents, sans que l'un soit plus juste que l'autre.
Glossaire du ballet : les mouvements expliqués un par un
Voici les termes que le professeur emploie le plus, classés par famille plutôt que par ordre alphabétique. Cette organisation correspond à la logique du cours : chaque famille prépare la suivante, et connaître la famille aide à deviner le sens d'un terme qu'on entend pour la première fois.
Les mouvements de la barre
- Plié
- Flexion des deux genoux, talons restant au sol pour le demi-plié, décollés pour le grand plié. Premier exercice de tout cours, et amortisseur de toute réception de saut.
- Battement tendu
- La jambe de travail glisse sur le sol jusqu'à extension complète du cou-de-pied, sans que la pointe le quitte. Exercice fondateur : c'est lui qui construit le pied.
- Battement jeté ou dégagé
- Même trajet que le tendu, mais la jambe décolle de quelques centimètres. Le mot dégagé est employé par l'école française, jeté par l'école russe.
- Rond de jambe
- Tracé d'un demi-cercle par la jambe libre, à terre ou en l'air, en dehors ou en dedans. Il ouvre l'articulation de la hanche et prépare les grands mouvements.
- Fondu
- Flexion et extension simultanées des deux jambes, l'une portant le poids du corps, l'autre se dépliant vers l'extérieur. Travail de contrôle plus que de force.
- Frappé
- Le pied vient frapper le sol avant de se dégager vivement. Il construit la vivacité nécessaire au petit allegro.
- Développé
- La jambe monte pliée le long de la jambe d'appui, puis se déplie lentement dans la direction demandée. C'est le mouvement d'adage par excellence.
- Grand battement
- Lancé de la jambe tendue à sa hauteur maximale, devant, à la seconde ou derrière. Il clôt presque toujours le travail à la barre.
- Port de bras
- Trajet des bras d'une position à une autre, souvent accompagné d'un cambré du buste. Ce que le public perçoit comme de l'expression passe d'abord par là.
Les tours et les sauts
- Pirouette
- Rotation sur une jambe d'appui, en dehors quand elle s'éloigne de la jambe de terre, en dedans quand elle va vers elle. La tête pique un point fixe pour éviter le vertige.
- Tour en l'air
- Rotation complète effectuée pendant un saut vertical, réception en cinquième. Longtemps réservé au répertoire masculin, il est aujourd'hui enseigné à tous.
- Fouetté
- Tour relancé par un mouvement de la jambe libre qui se déplie et se replie. Les trente-deux fouettés du Lac des cygnes en sont l'exemple le plus connu.
- Chaînés et déboulés
- Série de demi-tours enchaînés en déplacement, généralement en diagonale, pieds très serrés en demi-pointe.
- Temps levé
- Le plus simple des sauts : appel et réception sur la même jambe. Il ouvre l'apprentissage de l'élévation.
- Changement de pied
- Saut depuis la cinquième position, les pieds échangeant leur place devant et derrière pendant le temps de suspension.
- Échappé
- Saut qui ouvre les pieds de la cinquième vers la seconde ou la quatrième, puis les referme.
- Assemblé
- Une jambe se dégage, l'autre pousse, et les deux se rejoignent en l'air avant la réception. L'un des sauts les plus travaillés en cours moyen.
- Grand jeté
- Grand saut en avant avec écart maximal des jambes en l'air, jambe tendue devant et derrière. Le mouvement de danse le plus photographié.
- Saut de chat
- Saut latéral où les genoux se replient l'un après l'autre, d'où son nom. Il demande de la souplesse plus que de la puissance.
- Entrechat
- Saut vertical pendant lequel les jambes se croisent rapidement. On le numérote selon le nombre de croisements, de l'entrechat quatre à l'entrechat six.
Les pas de liaison
Entre deux grands mouvements, il faut se déplacer, changer d'appui ou prendre de l'élan. Ces pas de liaison passent souvent inaperçus du public alors qu'ils occupent la moitié d'une variation, et un enchaînement se casse presque toujours sur l'un d'eux plutôt que sur la figure qu'il prépare.
- Glissade
- Déplacement rasant, un pied glissant sur le sol avant que l'autre le rejoigne. Elle sert d'élan à la plupart des grands sauts.
- Chassé
- Un pied chasse l'autre de sa place, d'où le nom. Le pas se retrouve tel quel en danse de salon et en modern jazz.
- Pas de bourrée
- Trois transferts de poids rapides, souvent sur demi-pointe. Il change le pied d'appui et permet de repartir dans l'autre sens.
- Coupé
- Un pied vient couper l'appui de l'autre en se plaçant à la cheville. C'est un pas de transition très bref, jamais une pose.
- Piqué
- Le danseur pique directement sur la pointe ou la demi-pointe de la jambe qui reçoit, sans plier au moment de l'appui.
- Retiré, ou passé
- Pointe du pied placée contre le genou de la jambe d'appui. Position de passage de toute pirouette, et l'un des rares termes que le public reconnaît de vue.
Les poses et les lignes
- Arabesque
- Jambe tendue en arrière, buste long, bras ouverts en diagonale. Les écoles en distinguent quatre ou cinq variantes selon l'orientation du corps.
- Attitude
- Même principe que l'arabesque, mais genou plié à angle ouvert. La pose est dite devant ou derrière selon la position de la jambe levée.
- Penché
- Arabesque poussée à l'extrême, le buste descendant à mesure que la jambe monte. La danseuse y cherche une ligne quasi verticale.
- Épaulement
- Orientation des épaules et de la tête par rapport au public. Sans épaulement, une pose techniquement juste reste plate.
- Cambré
- Inclinaison du buste vers l'arrière ou sur le côté depuis le haut du dos, jamais depuis les lombaires.
Les mots qui décrivent la direction et l'appui
Ce sont les plus déroutants pour un débutant, parce qu'ils ne désignent pas un geste mais une manière de l'exécuter. Le professeur les ajoute au nom du mouvement, et l'exercice change complètement.
- En dehors et en dedans : sens de rotation d'un tour ou d'un rond de jambe, vers l'extérieur ou vers l'intérieur.
- Jambe de terre et jambe de travail : celle qui porte le poids du corps et celle qui bouge. On dit aussi jambe libre.
- Devant, à la seconde, derrière : direction dans laquelle la jambe part.
- Croisé, effacé, écarté : orientation du corps par rapport à la salle, héritée des huit directions de la méthode russe.
- Demi-pointe et pointe : appui sur la plante du pied ou sur l'extrémité des orteils, ce second cas exigeant des chaussons rigides et plusieurs années de pratique.
- À terre et en l'air : précise si le mouvement reste au sol ou s'exécute jambe levée.
Le vocabulaire du modern jazz et de la danse contemporaine
Ces deux styles se sont construits au XXe siècle en réaction au ballet, et leur lexique le montre. Du côté du jazz, les termes accompagnent une histoire née dans les communautés afro-américaines avant de gagner les studios européens : il est majoritairement anglais et décrit des sensations plutôt que des formes. Un cours de danse contemporaine emploie donc peu de termes français, et ceux qu'il reprend au classique changent souvent de sens.
- Isolation : mouvement d'une seule partie du corps, tête, épaules, cage thoracique ou bassin, le reste demeurant immobile. Signature du modern jazz.
- Contraction et release : creusement puis relâchement de la cage thoracique, issus de la technique de Martha Graham. Le souffle commande le geste.
- Fall and recovery : chute contrôlée puis récupération du poids, principe formulé par Doris Humphrey. La danse y naît du déséquilibre.
- Tilt : inclinaison du buste hors de son axe vertical, jambe souvent levée en opposition.
- Spirale : rotation qui traverse la colonne du bassin vers la tête, très employée en contemporain.
- Travail au sol : séquences exécutées allongé ou assis. Le sol devient un partenaire, pas seulement une surface de réception.
- Contact improvisation : forme d'improvisation à deux ou plus, fondée sur le point de contact entre les corps et le partage du poids. Elle se pratique sans chorégraphie fixée.
- Flat back : dos droit incliné vers l'avant à l'horizontale, exercice de gainage typique du modern jazz.
Les mots de la street dance et du hip-hop
La street dance a son propre glossaire, né dans la rue et dans les battles plutôt que dans les studios. Rien n'y est traduit non plus, et les termes désignent souvent une figure et un style à la fois. Un cours de hip-hop alterne généralement plusieurs de ces familles.
- Top rock : pas exécutés debout, en entrée de danse, avant de descendre au sol.
- Footwork : travail de jambes au sol, appuis sur les mains, base du breaking.
- Freeze : arrêt net dans une position tenue, souvent en équilibre sur les mains ou la tête.
- Power move : figure acrobatique en rotation continue, comme le coupole ou le windmill.
- Popping : contraction brève et sèche des muscles, qui donne l'effet de secousse.
- Locking : blocages francs du mouvement suivis de reprises rapides, avec un vocabulaire gestuel très marqué.
- Wave : onde traversant le corps d'un bras à l'autre, illusion d'un fluide qui circule.
- Groove et bounce : balancement continu du corps sur la pulsation, ce qui distingue un danseur qui exécute des pas d'un danseur qui danse.
Le vocabulaire du cours : ce que dit le professeur
Une partie des termes entendus en cours ne décrit aucun mouvement : ils organisent la séance. Ils sont rarement expliqués, parce que le professeur les emploie depuis toujours, et ce sont pourtant ceux qui déroutent le plus lors des premières séances.
- La barre
- Première moitié du cours, main posée sur un appui fixe. Certains studios proposent aussi des séances de barre au sol, où le même travail se fait allongé.
- Le milieu
- Deuxième partie, sans appui, au centre de la salle. C'est là que se vérifie ce que la barre a préparé.
- La diagonale et la traversée
- Déplacements d'un angle à l'autre du studio, par petits groupes, pour les grands sauts et les tours.
- Adage et allegro
- Les séquences lentes, qui travaillent l'équilibre et la ligne, et les séquences rapides, qui travaillent la vivacité.
- Marquer
- Exécuter un enchaînement à petite échelle, sans amplitude, pour en mémoriser l'ordre et le compte.
- Compter
- Découper la musique en séries de huit temps. Le professeur annonce sur quel temps commence le mouvement, et c'est souvent là que se joue la synchronisation d'un groupe.
- En place
- Rejoindre sa position de départ dans l'espace. La mise en place d'une chorégraphie désigne le travail de répartition des danseurs sur le plateau.
- Corps de ballet, soliste, étoile
- Les trois niveaux d'une compagnie : le groupe qui danse à l'unisson, celui ou celle qui interprète une variation, et le rang le plus élevé de la hiérarchie.
Termes du ballet : écoles, anglicismes et glossaire à imprimer
Faut-il connaître le vocabulaire avant de commencer la danse ?
Non. Le vocabulaire s'apprend en le pratiquant, parce qu'un terme se retient beaucoup mieux associé à une sensation qu'à une définition écrite. Consulter un lexique de danse entre deux séances sert surtout à consolider ce que le corps a déjà fait.
Le vocabulaire est-il le même dans toutes les écoles ?
Les termes le sont, la numérotation non. Les méthodes française, russe et italienne comptent les positions de bras différemment et emploient parfois deux mots pour un même mouvement, comme dégagé et jeté. Un élève qui change d'école doit s'attendre à ce décalage.
Pourquoi certains mots sont-ils en anglais ?
Parce que le style s'est codifié ailleurs qu'en France. Le modern jazz et la danse contemporaine se sont formés aux États-Unis, la street dance à New York : leurs termes suivent la même règle que le ballet, ils restent dans la langue d'origine.
Existe-t-il un glossaire de danse en PDF à imprimer ?
Beaucoup d'écoles diffusent leur propre dictionnaire de la danse en ressources pédagogiques, souvent limité au vocabulaire classique. Le plus utile reste de tenir son propre carnet, en notant les termes entendus en cours avec la sensation qui va avec.
Combien de termes faut-il connaître pour suivre un cours ?
Une trentaine suffit pour suivre un cours de niveau débutant sans être perdu : les cinq positions, les huit mouvements de la barre et les principaux sauts. Le reste s'ajoute au fil des années.
Apprendre le vocabulaire de la danse et le retenir
Les élèves qui progressent vite sur ce point emploient tous à peu près les mêmes techniques d'apprentissage. La première est de noter les termes le jour même, avec une phrase de description personnelle plutôt que la définition officielle : ce qui se mémorise, c'est la sensation. La deuxième est de regarder des captations en cherchant les mouvements nommés en cours, ce qui transforme un mot abstrait en image. La troisième est de dire le terme à voix haute en le dansant, méthode que beaucoup de professeurs emploient avec les enfants et qui fonctionne tout aussi bien avec les adultes.
Il faut compter une saison pour être à l'aise avec le vocabulaire essentiel d'un style, et le passage d'une discipline à l'autre demande un nouvel apprentissage. Un danseur classique qui découvre le contemporain retrouve les mêmes appuis mais plus aucun des mots, et il n'est pas rare qu'il se sente débutant pendant quelques semaines. C'est normal : ce lexique en français que la danse classique a fixé au XVIIe siècle n'a jamais eu vocation à décrire les autres styles, et chacun a construit le sien. Pour choisir la discipline dans laquelle commencer, notre guide des cours de danse détaille ce qui se pratique dans chaque style.
















