Passer au contenu
Avenue de la danseCours, styles et conseils

Yoga ou pilates : quelles différences pour mieux choisir

Publié le - Dernière mise à jour :

Le yoga et le pilates sont deux disciplines de sol à faible impact : le yoga relie les poses, la respiration et l'attention du corps et de l'esprit, quand le pilates, créé par Joseph Pilates, vise le renforcement musculaire du centre. Leur différence est de finalité, pas d'exercices.

La respiration départage le yoga et le pilates

  • Le yoga met l'accent sur la souplesse, la tenue des postures et la réduction du stress ; le pilates met l'accent sur le contrôle du mouvement, la stabilité du bassin et la force du centre, le core du vocabulaire fitness.
  • La respiration sépare les deux méthodes de façon très concrète : ample et abdominale au yoga, costale en pilates, avec des abdominaux engagés pendant tout l'exercice.
  • Une classe de yoga change de nature selon le style, du hatha yoga lent au power yoga soutenu ; une séance de pilates varie surtout selon le matériel disponible en studio, tapis ou machines à ressorts.
  • Les deux améliorent la posture et la condition physique, et se combinent bien : beaucoup de danseurs alternent le pilates pour le placement et le yoga pour la souplesse et la récupération.

Yoga et pilates : deux histoires, deux finalités

Comparer le yoga et le pilates sans les situer conduit à la confusion la plus répandue, celle qui consiste à y voir deux variantes d'une même gymnastique douce. Les deux méthodes n'ont ni la même ancienneté, ni la même intention de départ, et cet écart d'origine explique presque toutes leurs différences pratiques.

Le yoga, une pratique indienne bien antérieure au sport moderne

Le yoga vient d'Inde et ses textes fondateurs, dont les Yoga Sutra attribués à Patanjali, décrivent un chemin en huit branches où les postures, les asanas, ne sont qu'un maillon parmi d'autres. Les autres branches portent sur la discipline personnelle, la maîtrise du souffle, le retrait des sens et la méditation. Ce que l'on appelle aujourd'hui une classe de yoga en Occident correspond pour l'essentiel à deux de ces branches, les postures et le travail respiratoire. Le vocabulaire en garde la trace : on parle de poses et non d'exercices, et une séance se termine presque toujours par une relaxation allongée.

Cette origine explique une caractéristique qui déroute les débutants venus du sport : dans une forme de yoga traditionnelle, la performance n'est pas un objectif. Tenir une position moins longtemps que son voisin n'est pas un retard à rattraper. La progression se mesure au confort dans la posture et à la qualité du souffle, jamais à l'amplitude atteinte. L'approche est celle d'une pratique globale de santé, où le corps et l'esprit sont traités comme un ensemble.

Le pilates, une méthode de rééducation devenue une méthode de renforcement

Le pilates porte le nom de son fondateur. Joseph Pilates, né en Allemagne en 1883, met au point sa méthode pendant la Première Guerre mondiale alors qu'il est interné au Royaume-Uni : il fait travailler des patients alités en fixant des ressorts aux montants de leur lit, ce qui donnera plus tard les machines que l'on trouve en studio. Il l'appelait Contrology, le contrôle du corps par l'esprit, et non pilates. Installé à New York en 1926, il ouvre un studio fréquenté par des danseurs, ce qui explique la place que cette méthode occupe encore aujourd'hui dans le monde de la danse.

Les six principes que les enseignants citent le plus souvent, concentration, contrôle, centrage, fluidité, précision et respiration, ont été formalisés après sa mort à partir de ses écrits. Ils décrivent bien l'esprit de la méthode : peu de répétitions, exécutées lentement, avec une exigence de placement élevée. Un exercice mal placé ne compte pas, même répété vingt fois. L'objectif affiché est d'améliorer la posture debout, la stabilité du tronc et l'endurance des muscles profonds, donc une part précise de la condition physique et non son ensemble.

Les différences entre le yoga et le pilates, critère par critère

Le tableau ci-dessous résume ce qui sépare vraiment les deux disciplines. Il vaut pour les cours les plus courants ; chaque ligne souffre des exceptions, une séance de yoga dynamique se rapprochant par exemple d'un travail de renforcement musculaire.

CritèreYogaPilates
OrigineInde, plusieurs siècles avant notre èreAllemagne puis États-Unis, années 1920
Objectif premierSouplesse, apaisement, unité du corps et de l'espritForce du centre, posture, contrôle du mouvement
RespirationAmple, souvent abdominale, par le nezCostale, inspiration par le nez, expiration par la bouche
VentreSe relâche et se remplit à l'inspirationReste engagé pendant tout l'exercice
RythmePositions tenues, du très lent au très dynamique selon le styleMouvement continu, lent, peu de répétitions
MatérielTapis, brique, sangle, parfois hamacTapis, cercle, ballon, ou machines à ressorts en studio
MéditationPrésente, souvent en fin de séanceAbsente, l'attention porte sur le placement

La respiration, la différence la plus immédiate

C'est le premier écart que ressent un pratiquant qui passe d'une discipline à l'autre, et il n'a rien d'anecdotique. Au yoga, l'inspiration gonfle le ventre et remplit les poumons de bas en haut ; le relâchement abdominal fait partie de la détente recherchée. En pilates, l'inverse est demandé : la respiration costale du pilates dirige l'air vers les côtés de la cage thoracique pendant que les abdominaux profonds restent tirés vers la colonne. Un débutant qui applique le souffle du yoga à une série de pilates perd l'essentiel du travail de gainage, et à l'inverse une respiration costale rend la relaxation finale d'une séance de yoga beaucoup moins profonde.

Le centre, notion commune mais travail différent

Les deux méthodes accordent une place au centre du corps, ce que le vocabulaire du fitness désigne par le mot core, c'est-à-dire l'ensemble des muscles profonds qui ceinturent le tronc. La différence est dans le traitement. Le pilates est entièrement concentré sur le renforcement de cette ceinture : le transverse, les obliques, le plancher pelvien et les muscles spinaux sont sollicités dans presque tous les exercices, et la difficulté d'un mouvement se règle en jouant sur le bras de levier. Le yoga sollicite ces mêmes muscles, mais comme moyen de tenir une position, jamais comme finalité affichée. C'est pourquoi le pilates est souvent la meilleure porte d'entrée quand l'objectif est d'améliorer la stabilité du bassin et d'être plus solide sur ses appuis.

Ce que le yoga et le pilates ont en commun

Le premier point commun est la douceur mécanique. Ce sont deux pratiques à faible impact : aucun saut, aucune réception, aucune charge lourde. Les articulations sont peu sollicitées en compression, ce qui les rend accessibles à un large public, y compris après une longue interruption sportive ou à un âge où la course à pied devient inconfortable. C'est également ce qui les fait recommander en accompagnement de nombreuses démarches de santé et de bien-être, où l'enjeu est d'entretenir le corps sans le mettre en danger.

Le deuxième point commun est l'attention portée au geste. Dans les deux cas, on ne compte pas les répétitions en pensant à autre chose : le professeur corrige un placement, demande de sentir un appui, fait ralentir. Cette exigence explique qu'une séance paraisse peu fatigante sur le moment et laisse des courbatures le lendemain, dans des muscles que l'on n'avait pas conscience de solliciter. Cette approche du geste lent, où le corps est corrigé en permanence, peut être déroutante pour qui vient d'un sport de répétition.

Le troisième est le matériel réduit. Un tapis suffit pour commencer l'une comme l'autre, chez soi ou en salle, ce qui explique la place que ces deux disciplines occupent dans les programmes de remise en condition physique. Enfin, l'une et l'autre améliorent la posture debout et la conscience du corps dans l'espace, même si elles y parviennent par des chemins opposés : le premier par l'ouverture, le second par le maintien. Ce sont, au sens strict, deux pratiques de bien-être plutôt que deux sports, et elles améliorent la vie quotidienne bien plus que la performance.

Les styles de yoga et les formes de pilates ne se comparent pas de la même manière

Une source d'erreur fréquente vient de là : le mot yoga recouvre des séances qui n'ont presque rien en commun entre elles, alors que le mot pilates désigne un contenu beaucoup plus homogène. La question « yoga ou pilates » n'a donc pas la même précision des deux côtés.

Côté yoga, le style change tout

Le hatha yoga est le format le plus répandu en France pour débuter : postures tenues, rythme lent, place large donnée à la respiration. Le vinyasa yoga enchaîne les positions sur le souffle et ressemble déjà à une séance de cardio douce. L'ashtanga yoga suit une série fixe, exigeante, toujours dans le même ordre. Le yin yoga tient chaque position trois à cinq minutes pour agir sur les tissus conjonctifs plutôt que sur les muscles, et c'est la forme de yoga qui améliore le plus la flexibilité. Le power yoga, dérivé de l'ashtanga, assume l'orientation fitness. Le hot yoga, enfin, se pratique dans une salle chauffée. Choisir suppose donc de savoir d'abord de quel yoga on parle, et notre page consacrée aux types de yoga et à leurs différences détaille ce que chacun demande.

Côté pilates, c'est le matériel qui change

Le pilates au sol, sur tapis, est le format collectif le plus courant : le poids du corps fait la résistance, éventuellement complété par un cercle, un ballon ou des élastiques. Le pilates sur machines se pratique en studio, sur des appareils à ressorts hérités des prototypes de Joseph Pilates, le reformer étant le plus connu. Les ressorts peuvent aussi bien assister un mouvement que le rendre plus difficile, ce qui rend ce format intéressant en reprise après une blessure comme en travail avancé. Le contenu de la séance, lui, reste reconnaissable d'un studio à l'autre : la routine des exercices fondateurs est commune, seule la progression varie. Cette homogénéité est un avantage quand on déménage ou que l'on change de salle.

Comment choisir entre le yoga et le pilates

Plutôt que de chercher la meilleure des deux disciplines dans l'absolu, il est plus utile de partir de ce que l'on vient chercher : l'approche qui convient dépend de l'objectif, de l'état physique du moment et du temps disponible. Voici les orientations les plus fréquentes, classées par objectif.

  • Réduire le stress et l'agitation mentale : le yoga, sans hésitation. La respiration lente, la tenue des postures et la relaxation finale y sont un contenu à part entière, pas un supplément.
  • Gagner en souplesse et en flexibilité : le yoga également, et particulièrement le yin yoga, dont les tenues longues visent précisément les tissus qui limitent l'amplitude.
  • Corriger une posture voûtée ou un dos fatigué par le bureau : le pilates, dont c'est le terrain d'origine, avec un renforcement musculaire ciblé sur les muscles profonds qui soutiennent la colonne.
  • Retrouver un ventre gainé après une grossesse : le pilates, une fois la rééducation du périnée terminée et avec l'accord du professionnel de santé qui l'a suivie.
  • Reprendre une activité après une longue pause : les deux conviennent ; le pilates au sol en petit groupe offre en général davantage de corrections individuelles.
  • Améliorer sa condition physique générale : aucune des deux ne suffit seule, car ni l'une ni l'autre ne développe l'endurance cardiaque. Elles se complètent d'une activité d'endurance.
  • Compléter un sport d'impact comme la course à pied : le pilates pour la stabilité du bassin, le yoga pour la récupération et l'amplitude.
  • Chercher une pratique spirituelle ou philosophique : seul le yoga la propose, et encore, toutes les salles ne l'abordent pas.

Un dernier critère est souvent décisif et rarement cité : l'ambiance recherchée. Certains ont besoin d'un cadre précis, d'un professeur qui compte et corrige, et se sentiront plus à l'aise dans une séance de pilates. D'autres supportent mal l'idée de performance et préféreront une pratique où personne ne regarde si la position est parfaite. Aucune de ces deux attentes n'est meilleure que l'autre, mais se tromper dessus est la première cause d'abandon au bout de trois semaines. Mieux vaut être honnête avec soi-même sur ce point avant de payer un trimestre.

Faut-il vraiment choisir entre les deux ?

Dans les faits, beaucoup de pratiquants ne choisissent pas. Le pilates et le yoga se complètent bien parce qu'ils travaillent des qualités opposées : la force de maintien d'un côté, l'amplitude et le relâchement de l'autre. Deux séances par semaine, une de chaque, forment un programme équilibré et suffisent à améliorer nettement la posture en quelques mois, sans autre matériel qu'un tapis. Le corps s'habitue vite à cette alternance, et l'approche complémentaire évite la lassitude d'une seule méthode.

Certaines salles proposent d'ailleurs des cours hybrides qui empruntent aux deux méthodes, parfois annoncés sous le nom de yogalates. Ils peuvent être une bonne façon de découvrir les deux, mais ils conviennent moins bien pour progresser : mélanger deux respirations opposées dans la même heure brouille les repères d'un débutant. Mieux vaut, la première année, séparer les deux approches et laisser chaque méthode installer ses automatismes.

Un usage bien connu des danseurs

Sur ce site consacré à la danse, la question se pose souvent dans un ordre différent : non pas laquelle pratiquer, mais laquelle sert le mieux le travail en cours. Le pilates y a une place ancienne, puisque le studio new-yorkais de son fondateur accueillait des danseurs professionnels dès les années 1930. Il apporte le gainage, la stabilité du bassin et le placement du buste, qui sont exactement ce qui manque quand un équilibre part sur le côté. Le yoga apporte également l'amplitude des hanches et des épaules, le travail du souffle et une forme de récupération active après une semaine chargée. Une séance de barre au sol complète utilement les deux, avec un travail au ras du tapis très proche de l'esprit du pilates.

Où et comment commencer

La plupart des écoles de danse et des studios de bien-être proposent des cours d'essai, et l'offre est particulièrement dense à Paris et dans les grandes villes. C'est le moyen le plus fiable de trancher : une heure vécue vaut mieux qu'un comparatif, y compris celui-ci. Le meilleur juge reste votre propre ressenti sur le tapis. Prenez une séance de chaque discipline, si possible dans deux salles différentes, car le style du professeur pèse au moins autant que la méthode.

Trois vérifications valent la peine avant de s'inscrire. Demandez la taille du groupe : au-delà d'une quinzaine de personnes, les corrections individuelles deviennent rares, ce qui pénalise surtout les débutants en pilates. Vérifiez la formation de l'enseignant, la profession n'étant réglementée en France ni pour l'une ni pour l'autre de ces deux disciplines. Signalez enfin tout problème de santé, une pathologie du dos, une grossesse en cours ou une opération récente : les deux méthodes comportent des mouvements à adapter, et un professeur prévenu ajuste sans difficulté.

Pour aller plus loin avant de vous décider, le déroulé détaillé, les niveaux et les tarifs sont décrits dans nos pages consacrées au cours de yoga et au cours de pilates. Si le second vous attire déjà, les bienfaits du pilates sont détaillés à part.

Questions fréquentes sur le yoga et le pilates

Quelle est la différence entre le yoga et le pilates ?
Le yoga est une pratique indienne qui relie postures, respiration et méditation, avec la souplesse et l'apaisement pour objectifs. Le pilates est une méthode de renforcement musculaire créée vers 1920, centrée sur les muscles profonds du tronc, la posture et le contrôle du mouvement. La respiration les sépare aussi : abdominale au yoga, costale en pilates.

Le yoga ou le pilates, lequel fait le plus maigrir ?
Ni l'un ni l'autre ne sont des activités à forte dépense énergétique, sauf dans leurs formes les plus dynamiques comme le power yoga. Ils modifient la silhouette par le gainage et le maintien plutôt que par la perte de masse grasse, et se combinent bien avec une activité d'endurance.

Peut-on pratiquer le yoga et le pilates la même semaine ?
Oui, et c'est même une combinaison courante. Les deux disciplines travaillent des qualités opposées, la souplesse d'un côté et la force de maintien de l'autre. Une séance de chaque par semaine constitue un programme équilibré, sans risque de surcharge.

Lequel est le plus adapté à un mal de dos ?
Le pilates est le plus souvent conseillé, car il renforce les muscles profonds qui soutiennent la colonne sans mise en charge. Un avis médical reste nécessaire en cas de hernie discale, de scoliose ou de douleur persistante, et le professeur doit être prévenu avant la première séance.

Le pilates est-il plus difficile que le yoga ?
Il n'est pas plus difficile, il est plus exigeant sur la précision. Les mouvements sont peu nombreux et lents, mais un placement approximatif annule le bénéfice de l'exercice. Le yoga demande de son côté davantage de souplesse d'entrée de jeu selon les styles.

Quel style de yoga se rapproche le plus du pilates ?
Le power yoga et le vinyasa yoga, par leur rythme soutenu et leur orientation renforcement, sont les plus proches d'une séance de pilates. Le hatha yoga et le yin yoga en sont les plus éloignés, car ils privilégient la tenue longue et le relâchement.

Faut-il du matériel pour commencer ?
Un tapis suffit dans les deux cas, et il est en général disponible sur place. Le yoga peut ensuite faire appel à une brique et à une sangle, le pilates à un cercle, un ballon ou des élastiques. Les machines à ressorts se pratiquent uniquement en studio.

Derniers articles

À découvrir également

↑